Mercredi 24 juin 2020

La Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne commentée par Isabelle Joschke et Alain Gautier

La Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne est le nom de la nouvelle épreuve des IMOCA Globe Series, venant se substituer à la New York–Vendée–Les Sables d’Olonne (dont le départ était initialement prévu le 16 juin). Cette compétition inédite s’articule autour d’un parcours de 3600 milles, prenant la forme d’un triangle au départ et à l’arrivée des Sables d’Olonne, ralliant deux waypoints localisés respectivement à l’ouest de l’Islande et au nord de l’archipel des Açores. Le sens de rotation définitif du parcours sera spécifié par Jacques Caraës, le Directeur de course, à quelques jours du grand départ, programmé le samedi 4 juillet 2020, à 15h30.

Le 19 juin dernier, Isabelle partageait son état d’esprit à 15 jours du départ de la Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne. Une vidéo signée © Ronan Gladu / Voile MACSF

Comment appréhendes-tu cette épreuve inédite ?

Isabelle : « Je me réjouis de cette nouvelle course en IMOCA. Je l’attends avec impatience, j’ai hâte de me replonger dans la compétition avec mon bateau ! Cette épreuve à l’initiative de la Classe IMOCA et de l’Organisation du Vendée Globe nous ouvre la perspective d’une très belle course, avec une navigation relativement longue dans des conditions proches de celles que nous pourrons connaître sur le Vendée Globe. »

Justement, en quoi cette course s’apparente-elle à une bonne préparation en vue du Vendée Globe ?

Isabelle : « Cette épreuve va d’abord nous amener à traverser des climats très différents, avec de gros écarts de températures entre les Sables d’Olonne, les Açores et le froid ambiant à proximité du cercle polaire arctique. Lors du Tour du Monde en solitaire, nous vivrons toutes ces transitions thermiques à une plus grande échelle et sur une période plus longue. Cette répétition miniature va également me permettre de tester de nouveaux équipements à bord (vestes et gants chauffants, système de chauffage embarqué pour faire sécher les vêtements humides…). Et puis il y a également toute la partie nutrition : comment vais-je adapter mon alimentation pour lutter contre le froid…etc.  C’est un vrai sujet et cette expérience promet d’être très enrichissante ! »

Alain : « La Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne est une belle occasion pour Isabelle d’engranger du mille et de l’expérience en amont du Vendée Globe. Cette course de 3600 milles nautiques va lui permettre d’aiguiser son endurance et sa gestion du rythme de vie à bord. Avec des nuits plus courtes au mois de juillet, l’enjeu sera de trouver les créneaux propices pour récupérer de précieuses heures de sommeil. Et puis il y a aura du beau monde sur la ligne de départ : le niveau de compétition s’annonce élevé ! »

Isabelle : « Je rebondis sur les paroles d’Alain. Dans la confrontation, on a tendance à vouloir se dépasser, à aller plus vite que son rythme habituel, parce que tout s’accélère. Le niveau d’adrénaline monte crescendo avec la pression, et on ne veut surtout pas se faire dépasser ou distancer par nos concurrents ! Sur un petit format de course, ça peut encore passer, mais sur une épreuve de l’ampleur du Vendée Globe, il faut être capable de trouver un rythme qui permette d’être endurant sur toute la durée de la course ! C’est aussi cet aspect de ma préparation que je vais chercher à affiner lors de la Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne. Si j’ai pu toucher mes limites du doigts suite aux vingt jours de navigation en solo effectués au début de l’année, il me faut à présent étalonner tous ces apprentissages en mode course. »

Le parcours officiel de la course amènera la flotte aux abords du cercle polaire arctique et au nord de l’archipel des Açores

Comment les entraînements se déroulent-ils en amont de la course ?

Alain : « Depuis le 26 mai, nous avons multiplié les sorties à bord de l’IMOCA MACSF, en variant les formats d’entraînements, avec des navigations à la journée et sur des périodes légèrement plus longues de 24 à 48 heures. Isabelle est à la manœuvre, accompagnée d’un ou plusieurs membres de l’équipe technique, présents pour veiller aux différents réglages à bord et s’assurer du bon fonctionnement du bateau. »

Peux-tu nous en dire plus sur les enjeux de cette épreuve ?

Isabelle : « Le premier objectif de cette course vise la qualification pour le Vendée Globe. Mais au-delà de cet enjeu, je vais surtout chercher à trouver mon rythme optimal en course. L’IMOCA MACSF est une sacrée machine à manœuvrer ! J’ai besoin de poursuivre mon apprentissage afin de mieux me connaître en mode compétition et trouver le bon équilibre pour naviguer en harmonie totale avec mon bateau. »

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