Mercredi 24 février 2021

Isabelle a bouclé son tour du monde

La skipper de MACSF a doublé ce mercredi 24 février à 11h 35 minutes et 5 secondes la bouée Nouch Sud à l’entrée du chenal des Sables d’Olonne, près de 108 jours après le départ du Vendée Globe. Non classée depuis son abandon survenu le 9 janvier dernier au large de l’Argentine, elle a ainsi achevé son aventure sportive et humaine, portée par une foule record sous un soleil de printemps.

En réussissant à ramener son bateau à bon port, après une escale technique à Salvador de Bahia et malgré une grosse dépression à l’entrée du Golfe de Gascogne, Isabelle boucle son tour du monde où elle aura « rencontré le meilleur et croisé le pire ».

Un accueil à la hauteur de sa performance

Le public des Sables d’Olonne ne s’y est pas trompé. Il a réservé mercredi un accueil formidable à Isabelle. Ils étaient quelques milliers massés sur les quais pour accueillir la skipper MACSF. L’organisation était au diapason. Remontée du chenal escorté par les vedettes, comité d’accueil sur le ponton suivi de la traditionnelle conférence de presse : la navigatrice a eu le droit à toutes les attentions.

« Je n’avais pas imaginé avoir droit à un tel accueil. Pour moi c’est la cerise sur le gâteau. J’ai vécu cette arrivée comme un cadeau. Tout ce monde qui est là pour moi. Ils m’ont rappelé le chemin parcouru, pour que je n’oublie pas. C’est quand même un truc de dingue »

Rentrer aux Sables : une évidence

La navigatrice a tenu à boucler elle-même son tour du monde. Un choix qui n’allait pas de soi après l’immense déception causée par son abandon et qui restait conditionné à la possibilité de réparer lors de l’escale au Brésil où son équipe technique l’a rejointe.

« Je n’ai pas pris la décision tout de suite. Mais quand j’ai décidé de terminer, c’est devenu une évidence. C’était tellement important de boucler cette histoire, de lui donner tout son sens. Et notamment de me relever. Un Vendée Globe ce n’est pas drôle tous les jours. Il y a des moments de grâce et des instants de désespoir. C’est aussi un acte d’humilité. Ce tronçon hors course n’était pas si simple. Bien sûr, c’est moins physique, il y a moins de stress. Mais moralement il faut se faire violence après des semaines passées en mer pour repartir et conclure ce petit bout de chemin »

Un premier tour du monde « incroyablement dur »

Que retient-elle de ce premier Vendée Globe ? Les sentiments et les souvenirs se bousculent. Partie le 8 novembre pour participer à son premier tour du monde en solitaire, Isabelle admet l’avoir vécu à fond.

« C’est avant tout une rencontre avec moi-même. Cela a été incroyablement dur, plus que ce que je pensais. J’ai vraiment été au bout de moi. Je pense avoir donné le meilleur de moi. C’est dur pour les nerfs, c’est dur parfois pour le moral, c’est très dur physiquement. J’ai été au bout de ce que je pouvais donner. Et puis heureusement il y a quelques moments de magie. J’étais partie pour vivre à fond cette course et je crois que je l’ai vécu à 400% »

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