Mercredi 15 juillet 2020

Le tour de force d’Isabelle

Elle l’a fait ! Isabelle Joschke a coupé ce mercredi 15 juillet à 15h19 et 34 secondes la ligne d’arrivée de la première édition de la Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne. Malgré une bôme cassée au matin du 7ème jour de course, la skipper de l’IMOCA MACSF a su trouver les ressources pour aller chercher son billet pour le Vendée Globe au terme d’une transat à suspense et à rebondissements.

Après la casse de sa bôme qui l’a privée de grand-voile, c’est sous gréement de fortune qu’Isabelle Joschke a bouclé le parcours de la Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne en 10 jours, 23 heures, 49 minutes et 34 secondes. A la barre de son monocoque de la génération 2007, Isabelle Joschke a couvert les 3221 milles à 12,2 nœuds de moyenne, soit 10,6 nœuds sur le parcours théorique (2807 milles). Au final, elle classe son IMOCA MACSF à une 13e place presque anecdotique au vu des événements, 18 heures 35 minutes et 26 secondes derrière le vainqueur Jérémie Beyou.

Soulagée d’avoir atteint son objectif de finir la course pour être qualifiée pour le prochain Vendée Globe, elle ne cache pas sa déception de ne pas avoir pu défendre ses chances jusqu’au bout comme elle l’aurait voulu…

Apprendre à faire face à l’imprévu

« Il y a un mélange de satisfaction d’avoir terminé et d’être enfin qualifiée pour le Vendée Globe. Il s’agissait d’un sacré dossier après les ennuis que j’avais connus sur les transats précédentes. L’enjeu était énorme : je devais terminer la course. C’est donc une grande satisfaction d’avoir réussi, mais sur le plan sportif la déception est énorme. Je pense que j’ai fait une belle course, je me suis donnée. J’étais dans le match, je me battais bien alors que j’ai passé mon temps à bricoler et à résoudre des petits problèmes. Le potentiel est là, c’est prometteur et encourageant. Je suis contente d’avoir réussi à engranger de la confiance pour l’avenir »

… révèle Isabelle Joschke qui se sentait relativement fraîche à l’arrivée malgré l’intensité folle de cette Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne.

Cette qualification pour le Vendée Globe d’Isabelle Joschke, arrachée au courage et au mental, s’est déroulée en deux temps : la première semaine de course l’avait vu talonner les favoris et leurs foilers dernier cri. La navigatrice franco-allemande était dans le coup, calée dans le sillage du groupe de tête, avant d’être victime samedi d’une avarie majeure au milieu de l’Atlantique Nord.

Dans le top 6 à la fin de la première semaine de course

Dans le top 6 jusqu’à samedi et la casse de sa bôme, Isabelle Joschke n’a pas été surprise par la performance de son plan VPLP à foils 2007. Au coude à coude avec les meilleurs durant la première semaine de compétition, elle a retrouvé le plaisir de batailler sur cette course océanique qui s’est disputée à un train d’enfer. 

 « On a rencontré des conditions assez favorables pour mon bateau. Il est très à l’aise au vent de travers, ce qui ne veut pas dire qu’il sera performant et aussi rapide dans toutes les conditions. Là les planètes étaient alignées. Je me suis appuyée sur ces conditions pour réaliser une belle course. Je pense que j’avais vraiment une carte à jouer. Le rythme m’a rappelé la Solitaire du Figaro que j’ai courue pas mal de fois. C’était très spécial. Il fallait réfléchir aux trajectoires, anticiper le prochain coup à venir. La moindre petite erreur s’est payée cash. Moi j’en ai commis une et je m’en suis énormément voulu. J’ai affalé mon code zéro beaucoup trop tôt »

Remettre le bateau en état le plus vite possible

La ligne d’arrivée à peine franchie, la skipper de l’IMOCA MACSF ne rêve ni d’un bon repas ni d’une nuit dans un vrai lit. Elle est déjà tournée vers la suite de sa saison. Elle retrouvera les Sables d’Olonne dans un peu moins de quatre mois pour le départ de son premier tour du monde à la voile en solitaire, sans escale et sans assistance.

« Là tout de suite, j’ai envie de ramener mon bateau à Lorient et de le remettre en état le plus vite possible. Il ne faut pas que l’on se détourne de notre chemin. Ensuite il sera toujours temps pour moi de prendre un peu de repos pour penser également à autre chose pendant quelques jours »

« Nous savions tous qu’Isabelle était une femme engagée et une grande professionnelle, elle nous l’a prouvé remarquablement en mettant en œuvre une solution proposée par son équipe pour rester en course. Dès le début de ce partenariat, nous avons décidé de partir sur un axe de communication autour du mot OSEZ. Il est même inscrit sous la coque ! Lors de cette Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne, Isabelle nous a prouvé à chaque instant que son audace et sa témérité n’étaient pas que des mots, mais bien une raison d’être pour l’ensemble de son projet Vendée Globe. Merci Isabelle et félicitations ! »

Éric Mollard, directeur de la communication de la MACSF

Revivez en images l’arrivée de l’IMOCA MACSF cet après-midi, devant les Sables d’Olonne (images : © IMOCA Globe Series / Montage : © Ronan Gladu)

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