Isabelle s’offre une superbe 9e place sur la Route du Rhum 

Publié le 22 novembre 2022

L’IMOCA MACSF a bouclé ce mardi à 11h 41 minutes 54 secondes, heure locale (16h 41 minutes 54 secondes, heure française) la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, après 13 jours 2 heures 26 minutes et 54 secondes de navigation. Toutes classes confondues, Isabelle est la deuxième femme à franchir la ligne d’arrivée en Guadeloupe, parmi les 7 concurrentes engagées dur cette 12ème édition. 

Pour sa deuxième participation à la Route du Rhum, Isabelle s’est offert une magnifique 9ème place à la barre de l’IMOCA MACSF. La navigatrice a mis pied à terre ce mardi 22 novembre à Pointe-à-Pitre, heureuse mais le visage marqué par près de deux semaines de combat intense contre les éléments, la fatigue et une concurrence plus relevée que jamais. Ce superbe résultat récompense une course construite avec clairvoyance et un savant équilibre mêlant prises de risques tactiques et vigilance par rapport à des conditions météo très toniques et instables sur tout le parcours. 

Malgré la perte d’un des deux winches d’écoute qui l’a handicapée pour manœuvrer durant plus de la moitié de la traversée de l’Atlantique, Isabelle est allée au bout d’elle-même et est parvenue à tirer le meilleur de son bateau d’ancienne génération équipé de foils. Un scénario qui n’avait pourtant rien d’évident à la sortie de la Manche.

Ralentie par ses limites physiques lorsqu’il fallait répéter les virements de bord, la skipper était reléguée sur cette entame de course au-delà de la 25ème place du classement. Engluée à l’arrière de la flotte des soixante pieds, Isabelle a complètement inversé la donne pour revenir dans le match lors de la traversée du Golfe de Gascogne. Elle réalise presque un sans-faute au niveau de la stratégie et des trajectoires choisies, imprimant un rythme soutenu pour grignoter du terrain et remonter jusque dans le top 10. Installée solidement aux commandes du deuxième groupe devant une vingtaine d’IMOCA au cours de la deuxième moitié de course, Isabelle a dû rester attentive et cravacher jusqu’au bout, la faute à des alizés musclés et instables, avant de toucher au but ce matin.

Jusqu’au bout, cette Route du Rhum – Destination Guadeloupe aura été difficile, tant le tour de la Guadeloupe se révèle être un casse-tête pour tous les marins. Après avoir débordé la Tête à l’Anglais dans la nuit, Isabelle a lutté contre les nombreux grains avant de franchir, enfin, la ligne d’arrivée.

« Je me suis régalée ! Je me suis battue, je me suis donnée à fond du début à la fin de la course. Je ne pensais pas que j’allais tenir dans le top 10 jusqu’à l’arrivée. A chaque fois j’ai réussi à retrouver des ressources et de l’énergie, ça m’a aidée à tenir cette place jusqu’au bout. Je suis très fière.

Avant de partir, j’avais dit que l’idéal serait un top 15 ; être dans le top 10 c’est juste génial. Cette réussite fait vraiment du bien parce qu’il y a 4 ans j’étais venue ici en avion. C’est bien que le cours des choses change, ça fait plaisir de vivre une course qui se passe bien. J’en avais besoin, tout comme mon équipe et mon bateau aussi sûrement, qui avait besoin de bien terminer une course, d’être bien classée, et de montrer tout son potentiel. Je suis super contente du travail de préparation qui a été fait sur l’IMOCA MACSF.

Je me suis étonnée durant cette Route du Rhum. Je ne pouvais pas beaucoup me reposer, les trois dernières nuits ont été infernales ; on a eu beaucoup de grains avant-hier, ensuite le tour de la Guadeloupe n’est franchement pas simple, et pour couronner le tout, le canal des Saintes n’était pas sympa du tout. On était au près, ça tapait. Je ne sais pas où j’ai été puiser ces ressources mais j’ai trouvé l’énergie. J’en ai bavé mais je l’ai fait ! »

Isabelle Joschke

La course d’Isabelle en chiffres :

  • Arrivée le 22 novembre à 11h 41min 54 sec heure locale / 16h 41min 54sec heure française
  • Temps de course : 13 jours 2 heures 26 minutes et 54 secondes
  • 3940,78 milles parcourus à la vitesse moyenne de 12,53 nœuds (3 542 milles du parcours théorique à la vitesse moyenne de 11,26 nœuds)
  • Écart au premier (Thomas Ruyant sur l’IMOCA LinkedOut) : 1 jour 8 heures 50 minutes et 29 secondes