Mardi 5 janvier 2021

Isabelle a franchi le cap Horn : « J’ai touché le fond, maintenant je vais pouvoir remonter »

Isabelle a franchi ce matin à 5h01, heure française, le troisième et dernier des grands caps du Vendée Globe, en 11e position après 57 jours, 14 heures et 41 minutes de mer, dans des conditions de navigation musclées : 35 à 40 nœuds de vent et des creux de 4 à 5 mètres. Elle est la 8ème femme à passer ce cap en solitaire depuis la création de la course et la première de cette édition 2020.

Pour Isabelle Joschke, qui doublait pour la première fois le rocher le plus austral de l’Amérique du Sud rendu célèbre par les récits de générations de marins, cet événement est d’autant plus intense qu’il intervient quelques heures seulement après l’avarie survenue dimanche sur la quille de son IMOCA MACSF. Un incident qui la pénalise alors qu’elle était solidement installée dans le Top 8 du Vendée Globe 2020, mais qui n’entame pas sa pugnacité.

Habitée par une force de caractère peu commune et déterminée à boucler son périple planétaire, même sur un bateau qu’elle ne peut plus exploiter à 100% de ses capacités, Isabelle va entamer à présent la remontée de l’Atlantique Sud. Sur la longue route qui mène aux Sables d’Olonne, c’est une nouvelle aventure qui s’ouvre pour elle.

Jointe ce matin à la vacation par l’organisation de la course, le skipper de MACSF démontre une nouvelle fois son incroyable force mentale :

« Je ressens beaucoup de joie et je vais fêter ça lorsque les conditions seront plus maniables. J’attendais ce moment avec impatience, c’était un peu comme si le vase était plein. Les conditions au passage du Horn étaient vraiment dures, une mer assez grosse, du vent fort, ça commence seulement à se calmer. Quelques heures avant ce passage, j’ai eu l’impression que c’était un peu un retour de l’Océan Indien, comme pour me montrer que les mers du Sud étaient vraiment difficiles et que j’allais enfin sortir d’un endroit pas facile du tout. Hier soir j’avais l’impression que le ciel et la mer se fondaient l’un dans l’autre, c’était tout gris, une drôle d’atmosphère. Je pense que ça illustre bien un passage du cap Horn !

Maintenant d’autres choses m’attendent, une mer sans doute plus clémente, un climat qui va s’adoucir de jour en jour… Et je dois apprendre à naviguer avec une quille dans l’axe, il va falloir que je vive avec ça et que j’essaie d’avancer le plus vite possible malgré tout. Je commence à digérer. Ça a vraiment été très dur moralement, d’autant que j’ai eu un enchaînement de problèmes pendant trois jours donc j’avais peu dormi. Hier je n’en menais pas large. Je me suis beaucoup reposée pour essayer de digérer tout ça, maintenant ça va mieux. Je suis quand même triste parce que le Top 10 va être difficile à conserver et c’est ce qui me réjouissait le plus en ce moment, mais je vais apprendre à naviguer autrement, à trouver du plaisir ailleurs, avoir un nouveau challenge. J’ai vécu ma difficulté pendant deux jours, j’ai touché le fond, maintenant je vais pouvoir remonter. »

Vidéo du bord, envoyée dans la soirée du 4 janvier, à l’approche du cap Horn

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